La dysphorie de genre, c’est quoi ?

Quand on y réfléchit, ce n’est pas forcément simple de vivre avec soi-même. Nous vivons dans un monde où les distractions sont tellement nombreuses que les moments de calme et de silence pour se recentrer sur soi-même se font rares.

Dans ce cadre, comment vivre sereinement et pleinement lorsque l’on ressent un sentiment de souffrance par rapport à une chose qui pourrait passer pour un détail aux yeux des autres, mais auquel on nous rapporte constamment ?

Petite fille yeux rouges après avoir pleuré

Parmi ces souffrances, il en existe une qui s’appelle la dysphorie de genre. Cette dernière est à l’origine d’un mal-être profond et d’une souffrance chez les personnes qu’elle touche. Mais pour bien faire les choses, commençons par le commencement : que désigne le terme «dysphorie de genre» que vous rencontrez peut-être pour la première fois ?

Définition de la dysphorie de genre

Tout d’abord, définissons ensemble le mot dysphorie. Ce terme désigne une perturbation de l’humeur qui se caractérise par un ressenti d’inconfort mental et/ou émotionnel. C’est un sentiment allant souvent de paire avec l’anxiété, la tristesse, l’insatisfaction, l’indifférence, l’irritabilité, ou encore de la tension.

Revenons maintenant à la dysphorie de genre, que l’on appelle également l’incongruence de genre (ou gender incongruence en anglais). Ce terme désigne, ce qui peut maintenant sembler logique, le sentiment d’anxiété, de souffrance, ou encore la détresse éprouvée par des personnes à qui on assigne une identité de genre qui ne correspond à celle à laquelle elles se rapportent. Pour prendre un exemple simple, une personne née homme mais se considérant femme peut donc être sujette à ce que l’on appelle la dysphorie de genre.

Lettres scrabble formant mots gender is a spectrum

Il faut préciser que ce sentiment d’appartenance à un genre différent que celui que l’on nous assigne est une identification qui sera durable et forte. Cette dysphorie touche donc particulièrement les personnes trans, mais également certaines personnes androgynes, neutres, non-binaires, … En somme, de nombreuses personnes qui s’identifient au sigle LGBTQI+ sont concernées.

Comment se manifeste la dysphorie de genre ?

La dysphorie de genre peut se manifester sous plusieurs formes. Chaque individu a une réaction qui lui est propre, même si l’on peut observer des comportements similaires entre les personnes touchées par cette dysphorie.

Comme évoqué un peu plus haut, ces manifestations peuvent être liées à des sentiments tels que la tristesse, l’indifférence, l’insatisfaction, l’irritabilité, … On note aussi que la dysphorie de genre est à l’origine de stress prenant la forme de tension et/ou d’anxiété.

Homme maquillant femme regardant miroir

Tous ces ressentis sont souvent liés à des situations particulières. Par exemple, le sujet des parties génitales est souvent très sensible, et peut provoquer un embarras plus ou moins fort. Certaines personnes auront même jusqu’à un sentiment de dégoût prononcé de celles-ci. Les personnes sujettes à la dysphorie de genre se retrouvent également souvent isolées. Dans le milieu scolaire, cet isolement est souvent le fruit d’un harcèlement de camarades, qu’il prenne une forme verbale ou physique. Dans certains cas, ces comportements résultent en un sentiment dépressif, précurseur de tentative(s) de suicide.

Ces conséquences et comportements reviennent également chez les adultes dysphoriques de genre, même si les causes tendent à différer. On verra, pour ne citer qu’un aspect parmi tant d’autres, beaucoup d’adultes avoir un manque de confiance en elle particulièrement poussé. Pour finir avec un dernier exemple de conséquence, on note un lien entre la dysphorie et des comportements de boulimie ou d’anorexie qui peuvent être dangereux.

Comment faire face à des problèmes de dysphorie de genre ?

Encore une fois, et comme pour la grande majorité des problèmes, il n’existe pas une seule réponse à cette interrogation. Chaque personne aura sa propre méthode pour supporter sa dysphorie de genre. Certaines font appel à des professionnels, d’autres préféreront se replier sur elles-mêmes et leurs passions, quand d’autres iront voir des communautés spécialisées. Voyons donc ensemble quelques solutions très utilisées par des personnes touchées par la dysphorie de genre :

• Aller voir des professionnels de santé

La plupart du temps, les personnes s’occupant de patients atteints de dysphorie de genre sont des psychiatres et psychologues. Certains sont directement des psychologues ou psychiatres spécialisés pour les personnes trans, tandis que d’autres prendront surtout en charge les enfants et adolescents. On trouve notamment ces professionnels de santé dans les grands centres hospitaliers. Pour prendre contact avec ceux proches de chez vous, n’hésitez pas à vous renseigner auprès des centres d’aide ou associations LGBTQI+ qui possèdent souvent des listes.

• Centres d’aide et associations LGBTQI+

En plus d’avoir des contacts avec les professionnels qui pourraient vous aider, les associations et centres d’aide sont souvent un espace sûr pour échanger à propos de vos problèmes. Ce sont ces derniers qui organisent des événements autour de vos questionnements et problèmes de la vie quotidienne.

Souvenez-vous que les personnes au sein de ces entités sont là pour vous écouter et vous aider. Rappelez-vous également que vous n’êtes pas seul·e et que, dans le cas où vous rencontreriez une personne qui n’est pas compétente, vous pouvez toujours vous tourner vers une autre qui possèdera des réponses adaptées à vos besoins.

Là où des associations plus générales LGBTQI+ ne pourront peut-être pas vous donner des réponses, celles axées sur les personnes trans pourront certainement le faire grâce à des antécédents ou par leurs formations spécialisées dans l’identité de genre.

Mains formant coeur arc-en-ciel

Dans tous les cas, vous pouvez consulter notre Page Contact pour commencer vos recherches.

• Les forums en ligne et sites spécialisés

En parlant de personnes avec des réponses qui correspondent à vos besoin, il existe également un moyen plus rapide et anonyme de se renseigner ou demander de l’aide. L’accès à internet disponible aux masses a entraîné des créations de communautés de personnes qui n’auraient jamais eu lieu de se rencontrer auparavant. Et la visibilité donnée aux personnes LGBTQI+ grandissante fait que de nombreux forums sont là pour vous aider. Dîtes-vous que vos questions, si elles ne sont pas déjà présentes sur ces espaces de discussions, méritent certainement d’y figurer. Vous n’êtes probablement pas la première personne à avoir des interrogations, et d’autres pourront certainement profiter de votre demande d’aide.

Bien évidemment, cette méthode est plus risquée que les précédentes. Vous savez assurément qu’internet dispose de sa part d’ombre, notamment grâce à un anonymat omniprésent, et que parler de problèmes peut entraîner des commentaires malveillants. Ne vous arrêtez pas sur ces personnes cherchant à vous nuire, et concentrez vos efforts sur le fait de trouver une communauté bienveillante et qui saura vous accepter et vous écouter. Vous pouvez également contacter notre équipe directement dans les commentaires, ou par notre formulaire disponible en bas de notre Page Contact. Nous ferons notre possible pour vous aider dans vos démarches et questionnements.

• Parlez-en avec un proche ou votre entourage

C’est une méthode qui n’est pas sans risque, et qui nécessite de faire confiance à quelqu’un. Comme toujours, nous préférons vous mettre en garde sur le fait de faire confiance à votre entourage ou un membre de votre famille proche pour certaines questions.

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Non seulement, vous vous exposez à être potentiellement vu·e d’une manière différente, ce qui peut avoir des conséquences non-négligeables. Mais vous risquez également d’entendre des conseils qui ne vous aideront pas, voire même le contraire. C’est pour cette raison que nous préférons privilégier en premier lieu les conseils venant d’individus professionnels spécialisés.

Néanmoins, parler à un proche est un choix que certaines personnes feront naturellement. Non seulement, la possibilité d’être vous-même sans être jugé·e par une personne inconnue et étrangère peut rassurer. Mais notre entourage nous veut habituellement du bien, et sera prêt à faire un effort pour tenter de comprendre l’origine de notre mal-être. Qu’une conversation amène à une compréhension ou non, le simple fait de pouvoir se confier à quelqu’un qui nous écoute suffit parfois. Alors, même si nous ne donnons pas priorité à cette méthode, elle présente certains avantages non-négligeables.

• Trouvez-vous un échappatoire

Les forums en ligne et associations en font parti, mais ce ne sont pas les seuls moyens de vous changer les idées. Que ce soit à travers la musique, le sport, la méditation, les puzzles, en allant voir votre meilleur·e ami·e, en mangeant une viennoiserie ou en faisant des câlins à votre compagnon à quatre pattes, certaines personnes arrivent à faire face à leur dysphorie de genre par ces activités simples. Il est difficile de donner une solution générale qui marcherait pour toutes et tous, mais vous trouverez certainement de votre côté ce qui peut vous aider à aller mieux en cherchant un peu !

Si cette méthode ne suffit pas, reportez-vous aux précédentes solutions jusqu’à ce que l’une (ou plusieurs) d’entre-elles puisse(nt) répondre à vos besoins.

Quelques fausses conceptions et mythes sur la dysphorie de genre

Il existe de nombreux clichés existant sur la dysphorie de genre, et les personnes trans/ non-binaires. Démystifions ensemble certaines de ces fausses conceptions considérées comme vraies par nombre de personnes :

« Les personnes trans sont toutes sujettes à la dysphorie de genre. »

C’est une affirmation fausse. Chaque cas étant singulier, il est difficile, pour ne pas dire impossible, d’affirmer cela. Toute personne souhaitant changer d’identité de genre ne déteste pas de facto son corps. C’était (et reste encore souvent) une approche archaïque utilisée par la médecine pour expliquer ce que certaines personnes ne comprennent pas. Bien que l’on puisse tendre vers une facilité de changement de genre sous tous les aspects, le corps médical aborde toujours la dysphorie de genre avec une approche très psychiatrique.

Drapeau Trans Transgenre Transexuel original 90x150 cm flottant ciel

Preuve que c’est de l’histoire ancienne, l’Organisation Mondiale de la Santé retirait en 2019 les troubles de l’identité de genre et sexuelle de sa liste des pathologies et troubles psychiatriques.

« Les enfants sont trop jeunes pour connaître leur identité de genre. »

D’après ce que l’on connaît de la dysphorie de genre et son évolution, la puberté semble jouer un rôle critique. Les jeunes de 10 à 13 ans commencent à expérimenter avec leur identité, cette dernière étant souvent basée sur leur genre et sexualité. C’est donc vers cette tranche d’âge que les personnes concernées par la dysphorie de genre comprennent leur problème, et arrivent à savoir si un diagnostic prononcé est correct. Mais certains connaissent la dysphorie de genre plusieurs années avant cela, et possèdent une ferme conviction que leur genre assigné à la naissance ne représente pas ce qu’ils sont. L’affirmation est donc fausse, et l’âge ne semble pas jouer un rôle majeur dans ce mal-être.

« Les personnes sujettes à la dysphorie de genre veulent toutes effectuer une transition. »

C’est parfaitement faux. Comme souligné plus haut, chaque personne possède ses singularités. Mais même sans passer par ce constat, on remarque que certaines personnes ne souhaitent absolument pas effectuer d’opération chirurgicale, et sont satisfaites par leur corps, leur traitement hormonal, … D’autres individus seront comblés par le simple fait de porter des vêtements qui leurs ressemblent. On trouve encore des personnes atteintes de dysphorie de genre participer à des forums et communautés en ligne pour faire face à leur problème sans passer par un traitement médical. Il y a donc différents moyens de faire face à la dysphorie de genre. Nous en avons d’ailleurs listé quelques uns dans la section précédente intitulée “Comment faire face à des problèmes de dysphorie de genre ?”.

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« Les hommes s’habillant en femme mais ne s’identifiant pas comme tel, et inversement, sont-ils des individus ayant des troubles psychiatriques ? »

L’un n’a rien à voir avec l’autre. On ne peut tout d’abord pas juger si une personne possède des troubles psychiatriques de par son apparence et sa tenue vestimentaire. Comme le dit l’expression, l’habit ne fait pas le moine.

Dans le sens inverse, il est encore moins vrai de dire qu’une personne portant des vêtements souvent attribués à une autre identité de genre (souvent binaire, nos vêtements étant toujours rangés dans des rayons selon une classification binaire) a des troubles psychiatriques. Une personne psychologiquement instable peut parfaitement être très élégante et distinguée, bien habillée et éduquée. Et puis, nous sommes toutes et tous libres de faire ce que l’on veut. Il serait temps que notre société apprenne à se détacher de l’apparence pour juger quelqu’un (ou si l’on pousse un peu plus loin, arrête de juger tout court). Et cela notamment lorsqu’on touche au sujet de la stabilité et sanité mentale d’une personne.

Il existe d’ailleurs en mai la célèbre journée de la jupe, 24 heures durant lesquelles les hommes sont incités à porter des jupes comme signe de protestation en faveur de l’égalité femmes-hommes. Le terme travesti (ou travestissement) correspond à cette pratique de s’habiller avec les vêtements du sexe opposé (toujours dans cette conception binaire employée pour les vêtements homme/femme).

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Nous espérons que cet article sur le sujet de la dysphorie de genre vous aura été utile, et que vous avez eu l’occasion d’apprendre des choses qui vous serviront. N’hésitez pas à nous faire part de vos commentaires sur notre travail dans la section commentaire un peu plus bas sur cette page.

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