Les actualités LGBTQI+ du mois de janvier 2021

Drapeau-lgbt.fr Actualités LGBTQI+ janvier 2021

Premier mois d’une année 2021 qui commence sur les chapeaux de roues ! De nombreuses actualités concernant les personnes LGBTQI+ sont apparues ces dernières semaines et nous vous avons encore une fois fait un condensé des plus importantes selon nous.

Nous souhaitions également en profiter pour vous (re-)souhaiter une excellente année 2021 à tous, en espérant que les mois à venir seront meilleurs que les 12 derniers ! :

Publication réseaux sociaux drapeau-lgbt.fr bonne année 2021

Après #MeTooInceste, #MeTooGay fait son apparition

Grand sujet de ce début d’année, les réseaux sociaux et leurs hashtags font encore du bruit suite à l’affaire Duhamel. Le Président Emmanuel Macron a lui même pris la parole sur le sujet #MeTooInceste via les réseaux sociaux. Notre président français annonçait que la libération de la parole était une très bonne chose pour notre société. Il condamnait en même temps tous les agresseurs qui n’ont jamais été reconnus coupables. Il promet que les victimes seront écoutées et accompagnées, et ce même si les actes datent de plusieurs années voire décennies. Il promet que les personnes victimes ne seront plus jamais seules.

Suivant les hashtags #MeToo et #MeTooInceste, on a également vu le hashtag #MeTooGay apparaître sur les différentes plateformes. De nombreuses personnes homosexuelles, et particulièrement des hommes gays, ont fait savoir au monde que les viols sont monnaie courante dans ce genre de rapports. On parle ici de rapports non-consentis, mais également de rapports sexuels consentis avec des pratiques abusives. On connaît par exemple le stealthing, qui consiste à retirer un préservatif sans en informer son partenaire. Il y a également le rapport dominant / dominé qui revenait sur la table, avec les violences qui y sont parfois liées.

Dans tous ces mouvements, il y a surtout une volonté de mettre lumière sur les troubles psychologiques qui s’installent et qui vont hanter les victimes. En premier lieu, de nombreuses victimes ne comprennent pas leur situation, la trouveront normale par faute de connaître mieux ou connaître autre chose. Pour d’autres, le sentiment de honte les réduira au silence pendant de nombreuses années. Les réseaux sociaux permettent de se sentir moins seul, de comprendre, d’agir… Mais également, c’est une manière de faire savoir au monde que ce que l’on considère souvent comme une petite fraction de la population n’est au final pas si minoritaire que cela.

Si, vous aussi, vous avez été victime d’abus, violences, ou de comportements déviants répréhensibles, nous vous invitons à consulter notre page Contact. Cette dernière contient quelques entités qui pourront vous comprendre et vous accompagner sur la voie de la guérison. D’autres pourront également vous aider dans vos démarches juridiques si vous souhaitez porter votre cas devant les tribunaux.

Un membre du Parti Communiste français et conseiller de Paris accusé de viol

Maxime Cochard, un élu occupant le poste de conseiller de Paris, s’est vu demander de se retirer de ses fonctions par l’équipe municipale du 14ème arrondissement. La raison : un utilisateur de la plateforme tweeter dénommé «Prunille» accuse Maxime Cochard et son compagnon de viol. Selon ses propos, Prunille aurait passé deux ans sans savoir mettre des mots sur ce qu’il lui est arrivé. Il se rend à présent compte qu’il a été violé par M. Cochard et son compagnon Victor Laby en Octobre 2018. Il soutient notamment qu’il venait d’avoir 18 ans et était particulièrement vulnérable. Les accusés auraient donc profité de sa naïveté et sa situation précaire, ainsi que de leurs postes à responsabilités pour avoir des relations sexuelles non-consenties avec Prunille.

Le principal intéressé, Maxime Cochard, nie bien évidemment les faits.Il postait sur la plateforme Twitter, peu de temps après la publication de l’accusation, les mots suivants :

«J’ai pris connaissance de l’accusation de viol proférée sur Twitter contre mon compagnon et moi-même. Il s’agit d’une accusation complètement fausse. Compte tenu de la gravité de tels propos et de leur caractère calomnieux, j’ai donné instruction à mon avocat d’engager immédiatement une action judiciaire en diffamation.»

Là où l’histoire devient «intéressante», c’est que de nombreux internautes ont suivi la première plainte de Prunille. Eux aussi rapportent des faits similaires, et pas seulement concernant M. Cochard, mais également de nombreux élus un peu partout en France. Nous attendons donc de voir si justice sera faite pour les victimes.

Six ans de prison ferme pour un agresseur homophobe

En octobre 2018, alors qu’un homme homosexuel de 34 ans sortait d’une boîte de nuit après sa soirée, il monte dans une voiture avec deux autres hommes. Mais tout ne se passera pas comme prévu. L’un des deux hommes va commencer à le rouer de coups en proférant des menaces et insultes homophobes. Les deux agresseurs soutireront également à la victime la somme de 800 euros dans le véhicule. La victime porte plainte contre X dans la soirée.

Le 13 janvier 2021, l’homme accusé d’agression à caractère homophobe et son complice se présentaient à la cour criminelle de Seine-Maritime. Le complice semble soutenir qu’il avait été forcé à insulter et porter des coups à la victime par peur du principal suspect. L’avocate du principal suspect le décrit comme quelqu’un qui n’est pas homophobe, malgré le caractère homophobe de l’agression. Elle présente également l’homme comme un père de cinq enfants sans domicile, divorcé et avec une personnalité complexe.

Marteau juge fond drapeau français représentant loi française

La cour criminelle rendait son verdict pour le principal accusé et requiert une interdiction de détention d’arme de cinq ans, ainsi que six ans de prison ferme. Le second accusé aurait, lui, quatre années de prison dont une avec sursis, ainsi qu’une même interdiction de détention d’arme pendant cinq ans. Les deux hommes peuvent faire appel.

Laetitia Avia visée par une plainte pour harcèlement moral

La femme politique française Laetitia Avia, porte-parole et députée du groupe de La République En Marche (LREM), est visée par une plainte. Cette dernière déposée par ses anciens collaborateurs accuse notamment Laetitia Avia de harcèlement moral, humiliations à répétition, ainsi qu’abus de pouvoir. Elle aura également tenu des propos racistes, sexistes, homophobes et violents selon cinq de ses anciens assistants parlementaires.

Élue de la huitième circonscription de Paris depuis les élections de 2017, Laetitia Avia est notamment connue pour avoir travaillé sur la loi Avia. Cette loi vise les contenus haineux sur Internet et a fait beaucoup débat en France. On parle surtout ici d’inscrire dans la loi une obligation pour les réseaux sociaux et moteurs de recherche de retirer tout contenu jugé pédopornographique, prônant le terrorisme, et tout autre contenu haineux ou pornographique dans un délai restreint (sous 24h). Adoptée par l’Assemblée Nationale, les textes de loi se feront censurer par le Conseil constitutionnel. La loi sera promulguée le 24 juin 2020, et publiée au Journal officiel le lendemain.

Un comble donc puisque la personne à l’origine de cette loi est elle-même visée par des plaintes pour avoir eu un comportement inadmissible envers ses anciens collaborateurs.

Mais ce n’est d’ailleurs pas la première fois que la porte-parole et députée de LREM fait l’objet de plaintes. En 2017, elle faisait également l’objet d’une agression d’un chauffeur de taxi. Pour autant, Laetitia Avia dément les accusations, qu’elle qualifie de «mensongères» à son encontre, et a porté plainte pour diffamation. Elle publiait il y a peu sur son compte Twitter un amendement apportant des modifications pour renforcer les sanctions prises contre les agents publics (fonctionnaires, magistrats, militaires, agents des collectivités et hôpitaux, …) qui seraient coupables de délits racistes, antisémites et discriminatoires dans le cadre de leurs fonctions. Nous espérons que ces modifications seront appliquées rapidement, et dans le cas de Laetitia Avia elle-même si les accusations qui la concernent s’avèrent être fondées.

Identité de genre : une plainte déposée contre la SNCF

Nous apprenions mi-janvier que des associations ainsi que des dizaines de personnes déposaient plainte auprès de la CNIL (Commission Nationale Informatique et Liberté) contre le groupe français SNCF. La raison de leur plainte est en rapport avec l’identité de genre. En effet, lorsque l’on achète un billet auprès de la SNCF, le groupe ferroviaire français oblige ses clients à renseigner leur identité de genre.

Train arc-en-ciel SNCF Stonewall 50 ans de fiertés LGBT+

Là où cela pose problème, c’est que les formulaires de la SNCF ne contiennent que les titres binaires «Mme» ou «M.». Selon les associations Stop Homophobie et Mousse, ainsi que les 64 autres plaignants, ces mentions excluent les personnes non-binaires, ce qui inclût notamment les personnes trans, intersexes, queers, mais également toutes celles qui ne se conformeraient pas aux identités de genre binaires traditionnelles.

Dans son communiqué, l’association Mousse souligne que cette restriction de choix dans l’identité de genre est commune à de nombreux sites, entreprises, mais également aux entités gouvernementales. L’association poursuit notamment avec le fait que cette restriction réduit les possibilités d’alternative binaire. Cela enfermerait donc les voyageuses et voyageurs dans les stéréotypes de genre, et nierait la diversité des personnes LGBTQI+.

Cette plainte symbolique sera-t-elle le début d’un changement dans l’administration et la société française ?

Le porte parole du gouvernement, Gabriel Attal, porte plainte

Gabriel Attal, actuel porte-parole du gouvernement français, portait plainte début janvier suite à la réception d’une lettre. Cette dernière comportait notamment des propos racistes, antisémites, sexistes et LGBTphobes. Gabriel Attal partageait cette lettre envoyée à son domicile sur les réseaux sociaux. On y trouve, en plus des propos absolument répugnants de l’expéditeur, deux étoiles de David, symboles de l’antisémitisme.

Le porte-parole du gouvernement recevait le soutien de nombreuses personnalités de la sphère politique comme civile. On retrouvait parmi eux la LICRA, le groupe LREM, Laetitia Avia, et bien d’autres encore qui condamnaient ce genre de message adressés à un membre du gouvernement. Cela prouve que la France a encore un long chemin un parcourir pour venir à bout de ses discriminations et préjugés. Nous espérons avoir des suites à cette affaire, et voir l’auteur de cette lettre fermement condamné.

Un eurodéputé lituanien expulsé du Parlement Européen pour homophobie

Nous évoquions les mois précédents la stratégie de la Commission Européenne pour rendre l’Union plus inclusive. Il semblerait que Viktor Uspaskich, député du Parlement Européen, en fasse les frais. Ce député du groupe Renew Europe, dont les membres de LREM font parti, postait sur différents réseaux sociaux des commentaires LGBTphobes. Suite à une vidéo publiée sur la plateforme Facebook, un député lituanien pro-LGBTQI+ prénommé Tomas critiquait vivement via un post facebook les propos de Viktor Uspaskich.

Eurodéputés devant Parlement européen, debouts pour droits personnes LGBT Union Européenne vêtements arc-en-ciel

Le groupe publiait donc un communiqué le 20 janvier annonçant qu’il mettait fin à l’adhésion de Viktor Uspaskich après un vote. Le président du groupe Renew Europe, Dacian Ciolos, déclarait «Il n’y a pas de place pour l’homophobie dans la famille Renew Europe». Ce dernier aurait d’ailleurs mis en garde Viktor que s’il ne retirait pas ses propos de la plateforme rapidement, il y aurait des répercussions. Faute de retrait, le vote du groupe suivait une procédure disciplinaire interne, et mettait fin de manière immédiate aux fonctions du principal intéressé.

La Cour européenne des droits de l’homme condamne la Roumanie pour transphobie

Et voici une autre nouvelle nous venant des instances européennes. En l’occurrence, de la Cour européenne des droits de l’homme. Cette dernière rendait mardi 19 janvier son jugement concernant deux personnes LGBTQI+ roumaines et la Roumanie.

Dans les faits, l’affaire remonte à 2013 et concerne deux hommes roumains. Ces hommes se sont vu refuser de changer légalement leur identité de genre auprès des autorités locales. Ces dernières soutenaient que pour accéder à leur requête, il leur fallait un justificatif d’une opération préalable de changement de sexe. Et bien que les hommes avaient subi des chirurgies et hormonothérapies, les tribunaux jugeaient leur demande de changement de sexe prématurée.

Militants roumains défendant droits personnes LGBTQI+ en Roumanie

De cette affaire, la Cour européenne des droits de l’homme retient que les deux victimes étaient placées en situation vulnérable, d’anxiété et humiliante. Ce serait donc un motif de non-respect des deux hommes et de leurs droits. La Roumanie serait donc condamnée à indemniser les plaignants à hauteur de 7 500€ chacun pour détresse émotionnelle, en plus de 1 153€ de dommages et intérêts pour les opérations chirurgicales de l’un des deux hommes.

La justice polonaise et le procès de militantes pour les droits des personnes LGBTQI+

Le 13 janvier, un procès particulier commençait en Pologne : celui de trois jeunes militantes pour les droits des personnes LGBTQI+. Ces dernières sont accusées de profanation de l’image de la Vierge Marie et risqueraient jusqu’à deux années de prison pour leurs actes si elles étaient reconnues coupables. Elles auraient dessiné en avril 2019 la Vierge Marie avec une auréole arc-en-ciel à 6 bandes, similaire au drapeau LGBT de Gilbert Baker. Elles auraient imprimé des affiches de leur œuvre et commencé à les coller dans des lieux publics.

Tableau vierge Marie auréole arc-en-ciel

De nombreuses personnes soutiennent les trois femmes qui déclarent qu’un arc-en-ciel ne pourrait offenser quiconque et nie tout crime. Mais selon la loi polonaise, et notamment l’article 196 du Code pénal, il est interdit d’offenser les sentiments religieux. C’est sur cet aspect que nos trois inculpées seront jugées. Et dans un pays à forte majorité catholique, et un président pointant du doigt les personnes LGBTQI+ comme des menaces, leurs chances d’échapper à une peine sont faibles.

Nous espérons que l’Europe saura faire pression dans cette affaire pour ces trois femmes, ainsi que toutes les personnes LGBTQI+ de Pologne. Elles méritent toutes mieux que cela.

Les marques s’engagent pour les personnes LGBTQI+

Parlons maintenant de quelques initiatives de marques en faveur des personnes LGBTQI+. Tout d’abord, nous apprenions que la marque américaine Ralph Lauren mettait fin à son partenariat avec le golfeur Justin Thomas. Malgré la présentation d’excuses le lendemain des faits, on pouvait entendre à la télévision le golfeur jurer avec des propos homophobes pour avoir loupé un coup lors d’une partie.

Ralph Lauren s’empressait de déclarer sur les réseaux sociaux que les insultes LGBTphobes du joueur étaient totalement contraires aux valeurs du groupe, et ce en dépit de la présentation de ses excuses. Le groupe espère que Justin Thomas apprendra de cette erreur et grandira s’il veut espérer un jour redevenir ambassadeur de la marque.

Louis Vuitton photo du Falls-Winter 2021 Show

Nous avons décidé de sélectionner une seconde initiative, toujours dans le secteur de la mode, avec la marque Louis Vuitton. Lors de la Fashion Week virtuelle de Paris, la marque présentait une performance de différent·e·s artistes américaines et américains. On y retrouvait par exemple les rappeurs Yasiin Bey et Saul Williams, ainsi que la danseuse trans Tosh Basco.

Là où il est intéressant de noter une différence, c’est que la présentation de leur nouvelle collection pour homme tourne autour de l’inclusivité. Plus spécifiquement, Louis Vuitton crée un environnement très anti-homophobe et anti-raciste. Vous pourrez retrouver la collection et la performance entière basée sur l’essai de James Baldwin «Un étranger dans le village» à l’adresse suivante.

Coming-out de multiples personnalités au mois de janvier 2021

Ce début d’année était un moment rempli de sorties du placard et révélations de la part de nombreuses personnalités et célébrités. Plutôt que de faire un article par personne comme à notre habitude, nous avons décidé de sélectionner quelques personnes concernées et de condenser ces faits divers en une seule section :

La première personnalité que nous avons recensée à faire son coming-out ce mois-ci était le lutteur professionnel américain Chris Lewis, plus connu sous le pseudonyme de Mister Grim.

Dans son tweet, le lutteur avoue avoir eu du mal de nombreuses années avec son identité et le regard des autres. Mais grâce au soutien apporté par la lutteuse trans Nyla Rose qu’il remercie dans son message, Chris Lewis déclarait le 1er janvier être pansexuel.

Mister Grim lutteur pro américain coming out pansexuel

Quelques jours plus tard, c’était au tour de l’ancienne Miss Belgique 2016, Lenty Frans, de faire son coming-out. En publiant sur la plateforme Instagram être tombée amoureuse, elle révélait ainsi être en couple avec une femme.

Dans la série Star Trek, on peut compter de multiples personnes LGBTQI+ parmi le casting. Et une personne de plus vient s’ajouter à la liste. Mary Wiseman, connue en tant que Ensign Sylvia Tilly dans la série, déclarait dans une interview qu’elle n’était pas hétérosexuelle. Mariée à Noah Averbach-Katz depuis 2019, elle annonçait qu’avant de le rencontrer, elle pouvait aimer n’importe quelle personne en dépit de son genre.

Nats Getty coming out Gigi Gorgeous

Afin de ne pas rendre cette section trop longue, nous finirons par la sortie du placard de Nats Getty. Le mannequin, designer, militant, activiste et artiste LGBTQI+ déclarait être trans et non-binaire.

Nats recevait le support de sa femme mannequin et youtubeuse Gigi Gorgeous, mais également de nombreux fans. Le mannequin annonçait dans son message commencer sa transition physique en débutant par son torse. Il déclarait également ne pas savoir encore quels pronoms pouvaient lui convenir, si ce n’est Nats.

Pour finir cette section, nous souhaitons à toutes ces personnes bonheur et amour. Nous espérons que grâce à leur coming-out, chacune de ces personnalités se sentira mieux dans son corps.

Joe Biden signe son premier décret pro-LGBTQI+

Par le passé, le nouveau président américain était plutôt l’ennemi de la communauté LGBTQI+. Il a passé de nombreuses lois et voté en faveur de nombreuses propositions qui allaient à l’encontre des droits humains des personnes LGBTQI+ au cours de ses nombreux mandats. On peut notamment citer son soutien pour le Defense of Mariage Act de 1996 qui définit le mariage comme l’union entre une homme et une femme. Il déclarait également que les personnes LGBTQI+ étaient une menace pour la société américaine lorsqu’il siégeait au Sénat.

Mais peut-on réellement lui en vouloir si, comme il le promet depuis ses débuts de campagne présidentielle, il amende ses fautes dans les années qui viennent ? À notre sens, la visibilité et la compréhension des personnes LGBTQI+ s’est développée rapidement ces deux dernières décennies. Le fait de changer d’avis n’est pas non plus une mauvaise chose quand on a tord à la base. Biden serait donc potentiellement la nouvelle effigie d’une Amérique plus inclusive pour tous.

Et son combat commençait le jour même de son investiture. En effet, le mercredi 20 janvier, date à laquelle Biden prenait ses nouvelles fonctions de chef d’État, ce dernier signait un premier décret pro-LGBTQI+. Ce dernier concernait la protection des personnes LGBTQI+ dans le monde du travail. Parmi les 16 autres décrets signés ce jour là, on pouvait également retrouver l’important retour des États-Unis dans les accords de Paris sur le climat, ou l’OMS (Organisation Mondiale de la Santé).

Joe Biden Président américain devant nombreux drapeaux LGBTQI+

Un second décret pro-LGBTQ+ suivait le premier cinq jours plus tard. Ce dernier vise à autoriser à nouveau les personnes trans à s’engager dans les forces armées. C’était impossible depuis la décision très critiquée de son prédécesseur prise en janvier 2019. De nomnbreuses personnes et associations se réjouissaient de ce retour en arrière, et saluaient les promesses tenues par l’administration Biden.

De nombreux supporters de Biden se réjouissent de la direction que l’Amérique pourrait prendre sous son mandat. De notre côté, nous souhaitons saluer ces premiers décrets pro-LGBTQ+ qui, selon certains, seraient les décrets les plus conséquents pour la communauté LGBT jamais signés par un président américain. Mais, nous attendons également que d’autres promesses soient remplies. Les minorités américaines sont toujours victimes de beaucoup de discriminations. Et comme le pays est divisé en deux par l’élection, il va falloir beaucoup de courage à l’administration de Biden pour réunir les centaines de millions d’américains.

La Chambre des représentants américaine adopte un langage plus inclusif et non genré

Une autre nouvelle qui nous vient d’outre-Atlantique et qui concerne la Chambre des représentants américaine. Cette dernière votait le 4 janvier l’adoption d’une résolution qui vise à rendre le langage de la Chambre beaucoup plus inclusif, et non-genré. Les nouvelles décisions rendront également le Bureau de la diversité et de l’inclusion permanent. Ce bureau sera composé d’une équipe diversifiée et travaillera sur l’égalité des chances au sein du gouvernement américain ainsi que dans l’industrie.

House of representatives drapeau arc-en-ciel LGBT

Ces mesures prises vont changer de nombreux aspects en matière de lutte contre les discriminations. Tout d’abord, le langage neutre désormais utilisé par la Chambre empêche toute référence aux relations familiales tels que les mots «femme», «fils», «mère», … De même, les mesures annoncent des changements au niveau des pronoms utilisés. En plus de cela, de nombreuses identités de genre seront maintenant reconnues, autant que les mariages et relations de même sexe.

Un autre changement plus symbolique que les précédents était de renommer le Office of the Whistleblower Ombudsman en Office of the Whistleblower Ombuds.

Tout comme les décrets de Biden citées précédemment, nous espérons que les mesures prises par la Chambre des représentants annoncent la couleur pour les années à venir en matière d’inclusion et diversité.

La campagne de Scott Wiener pour interdire les opérations sur les enfants intersexes

Pour finir ces actualités LGBTQI+ de janvier 2020 en Amérique du Nord, nous voulions revenir sur la campagne du Sénateur de l’État de Californie pour interdire les interventions chirurgicales non-nécessaires sur les enfants intersexes de moins de six ans.

C’est une proposition du Sénateur homosexuel Scott Wiener qui vise à protéger les enfants intersexes. Le Sénateur soutient le fait que cette proposition permettrait aux familles de faire des recherches sur le sujet, et d’avoir un choix.

Bien évidemment, Scott Wiener se heurte à des critiques fortes de la part de certains médecins. Beaucoup d’entre-eux craignent que le gouvernement veulent obtenir une influence sur le domaine de la médecine et les pratiques qui lui sont propres.

Sénateur Scott Wiener discours interdiction opérations enfants intersexes

Mais le Sénateur trouve également un soutien auprès de nombreuses associations pro-LGBTQI+ et militants. En effet, les opérations sont souvent irréversibles, et donc la famille n’a pas son mot à dire. De plus, beaucoup d’opérations effectuées le sont alors qu’il n’existe aucun risque de santé pour les enfants. Il y a donc un espoir de changement dans ce camp. Depuis 2018, la solution trouvée à ce problème était non contraignante et permettait aux médecins de suspendre toute opération jusqu’à ce que l’enfant puisse choisir par lui-même.

Quand l’intelligence artificielle laisse place à des propos haineux et discriminatoires

Lee Luda est une intelligence artificielle (IA) conçue par Scatter Lab, une entreprise Sud-coréenne fondée en 2011. Représentée comme une femme de 27 ans, l’intelligence artificielle était relativement drôle et bien développée. Jusqu’à ce que, en ce début de mois de janvier, elle commence à perdre les pédales.

Le développement de Lee Luda se fait grâce à ce que l’on appelle du deep learning. Contrairement à un programme traditionnel qui répondra à des commandes et lignes de codes bien spécifiques, une intelligence artificielle qui apprend grâce au deep learning se forme seule et progressivement. Elle le fait par un système similaire au cerveau humain avec de multiples couches de «neurones». Chaque fois que l’application obtient une mauvaise réponse à la question posée, elle adapte ses futures tentatives de réponse. L’intelligence apprendra donc à reconnaître les lettres avant de s’attaquer à des mots, puis des textes. Mais au final, ces intelligences pourront par exemple reconnaître un chat sur une photo sans qu’un humain ait à lui indiquer ou définir ce qu’est un chat.

Intelligence artificielle coréenne Lee Luda

Parenthèse technique terminée, revenons-donc à Lee Luda. L’intelligence artificielle développa ses capacités via une offre plutôt originale. Elle analysait les échanges (textuels et vocaux) entre couples pour déterminer l’affection qu’ils se portaient mutuellement.

Après avoir analysé des dizaines de milliers de cas, l’application maîtrisait de nombreux aspects relationnels et envoyait des messages très réalistes. Mais pour certains, c’était tout autre. Entre messages à caractère sexuel, d’autres poussant les handicapés au suicide, ou encore décrivant les lesbiennes comme dégoûtantes, l’application était retirée. Ce qui reste cependant intéressant, c’est que ces discriminations sont un aspect latent de la société coréenne. Les propos de l’application ne sont que le reflet de son apprentissage des conversations et sentiments humains.

Lors d’échanges avec des utilisateurs, Lee Luda tenait des propos racistes, homophobes, et anti-handicapés. Alors comment en est-elle arrivée à tenir ce genre de propos hautement discriminatoires ? Il faut se pencher de plus près sur la manière d’apprendre de l’intelligence artificielle.

Alors que deviendrait une telle intelligence artificielle si l’on faisait la même expérience en France ? Pensez-vous que l’on trouverait également ce genre de propos discriminatoires ?

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Cet article sur les actualités LGBTQI+ de janvier 2021 se termine ici. Si vous avez apprécié le contenu que nous vous proposons, n’hésitez pas à le partager et/ou laisser votre avis !

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