Les actualités LGBTQI+ du mois de septembre 2021

Mois de la rentrée pour un grand nombre d’entre vous vous avez certainement été occupé·e·s ces dernières semaines. Comme d’habitude, nous sommes là pour vous tenir au courant des actualités les plus récentes touchant les personnes LGBTQI+ de près ou de loin.

Le mois dernier a vu beaucoup de changements, pour le meilleur comme pour le pire. Voyons donc ensemble ce qu’il s’est passé.

Mais avant de commencer, sachez que notre équipe est actuellement à la recherche de personnes volontaires pour des témoignages sur leurs expériences en tant que personnes LGBTQI+ ou allié·e·s. Si vous avez donc quoi-que-ce soit à partager, n’hésitez pas à nous envoyer un message directement à drapeau.lgbt@gmail.com. Nous attendons avec impatience vos messages et recontacterons les plus pertinents pour des futurs podcasts et articles.

En attendant, nous vous souhaitons une bonne lecture de cet article des actualités LGBTQI+ de septembre 2021. N’oubliez pas que la version audio est également disponible.

Drapeau-LGBT.fr Actualités LGBTQI+ Septembre 2021

Les thérapies de conversion bientôt interdites en France ?

C’est un des sujets majeurs dans la communauté LGBTQI+ française ces dernières semaines. Les thérapies de conversion, ces pratiques si controversées et déjà bannies dans certains États, pourraient être prochainement interdites en France.

La proposition de loi présentée par le mouvement fondé par Emmanuel Macron, La République En Marche (LREM), sera l’un des sujets débattus la semaine prochaine. L’hémicycle devra donc se prononcer sur ce qu’Élisabeth Moreno déclarait sur les réseaux sociaux comme «des pratiques moyenâgeuses n’ayant pas leur place dans notre pays». Le projet est soutenu et porté par le Président du groupe LREM Christophe Castaner, mais également la députée Laurence Vauncebrock, ou encore le Premier Ministre Jean Castex.

Castaner déclarait à l’AFP qu’il «ne veut pas qu’on puisse penser que les thérapies de conversion sont aujourd’hui autorisées.» avant d’ajouter qu’elles «sont interdites. Mais comme elles peuvent prendre des formes multiples parfois difficiles à appréhender, la création d’un nouveau délit permettra de les condamner de manière plus efficace».

Ce ne sont bien évidemment pas les seuls à demander de nouvelles mesures pour protéger les victimes de ces thérapies de conversion. De nombreuses associations et défenseurs des droits des personnes LGBTQI+ réclament depuis des années une interdiction inscrite dans la loi.

De son côté, Marlène Schiappa demandait à la Miviludes d’enquêter sur ces pratiques. Miviludes est une mission interministérielle rattachée au Ministère de l’Intérieur et luttant contre les dérives sectaires dans l’Hexagone. Le but de cette mission : en apprendre plus sur les dérives liées aux thérapies de conversion, pouvoir les quantifier, pouvoir donner des exemples, et analyser les impacts qu’elles ont sur la société et les individus. Mais l’objectif principal est surtout d’utiliser ces renseignements pour pouvoir développer un plan d’action et formuler des propositions opérationnelles pour parfaire les moyens de lutte contre les thérapies de conversion.

On voit donc une mobilisation du côté du gouvernement pour enfin interdire ces dérives souvent qualifiées de «torture» faisant chaque année des milliers de victimes dans le monde. Une excellente nouvelle car trop peu de pays de l’Union Européenne ont banni ces pratiques dégradantes et traumatisantes. C’est le cas à Malte, et partiellement chez nos voisins allemands.

Eurodéputés devant Parlement européen, debouts pour droits personnes LGBT Union Européenne vêtements arc-en-ciel

En juin dernier, le Parlement Européen rappelait d’ailleurs que les thérapies de conversion sont, en théorie, interdites dans l’UE. L’instance européenne notait également un mouvement anti-LGBTQI+ grandissant notamment dans l’Est de l’Europe.

Nous avions déjà évoqué cela à de multiples reprises dans nos précédents articles des actualités LGBTQI+, et évoquerons des sujets liés à cette tendance plus en détail dans la suite de cet article.

La ville de Paris inaugure le jardin Monique Wittig

La ville de Paris inaugurait le 17 septembre un jardin qui fera hommage à la française Monique Wittig, une auteure et philosophe, mais également militante féministe et lesbienne. Elle est notamment connue pour son concept de «contrat hétérosexuel», mais également pour ses œuvres telles que Le Corps lesbien, La Pensée straight, Les Guérillères, ou L’Opoponax.

Le jardin est trouvable en prenant la ligne 13 et s’arrêtant à Porte de Vanves, ou en se rendant directement au 3 boulevard Brune dans le 14ème arrondissement de la capitale française. Il est ouvert 24/7. Il proposera, d’après la ville de Paris, une atmosphère tranquille avec des arbres, un bassin, une fontaine, … De quoi retrouver un peu de vert en plein cœur de Paris.

Monique Wittig est née en 1935 à Dannemarie dans le Haut-Rhin, et est décédée en 2003 à Tucson (Arizona, États-Unis), ville dans laquelle elle enseignait le français, puis le féminisme. Elle a notamment reçu le prix Médicis pour son premier roman L’opoponax. Elle faisait parti du collectif Questions féministes, puis pour le journal américain Feminist Issues qui rapportait notamment les travaux français en la matière. Avant cela, elle faisait également parti des militantes du MLF (Mouvement de Libération des Femmes). Monique Wittig a également participé à la fondation des Féministes Révolutionnaires, le premier groupe lesbien de Paris.

Photo noir et blanc Monique Wittig auteure professeur activiste féministe lesbienne

C’est après avoir déménagé aux États-Unis avec sa compagne qu’elle a publié ses travaux les plus importants, tout en prenant le soin de les rendre bilingues avec des traductions dans la langue de Molière et celle de Shakespeare. Elle a malheureusement quitté ce monde à l’âge de 67 ans. Selon sa compagne, elle serait morte d’une crise cardiaque.

La campagne de lutte contre les LGBTphobies à Lyon et Villeurbanne

Les villes de Lyon et Villeurbanne accueillent une initiative de sensibilisation aux LGBTphobies. De nombreuses affiches plus colorées les unes que les autres sont déployées depuis le milieu du mois de septembre sur le réseau TCL. Ce réseau relie 59 villes de la région urbaine lyonnaise, et permet donc une couverture assez large par l’initiative.

Selon la présidente du centre LGBTI+ de Lyon, c’est une initiative nécessaire car «aujourd’hui, le quotidien des personnes LGBTI+ dans la rue est fait d’agressions verbales». Elle ajoutait à cela que la situation est «intolérable» et que les personnes LGBTI ont le droit de se comporter comme tout un chacun, de manière naturelle, dans l’espace public.

Parmi les affiches très colorées de Daniel Arzola, on peut retrouver des slogans comme :

  • J’aime qui je veux et je le montre.
  • Ma famille, je la construis comme je la veux.
  • Mon genre n’est pas une mode.
  • Je suis comme je veux, pas comme la norme le veut.

Le centre LGBTI+ de Lyon lançait également son flyer destiné à lutter contre les violences, le harcèlement, les injures, ou toute autre forme de LGBTphobies. Le flyer prenant la forme d’un guide pratique est disponible à l’adresse suivante, et vous permettra de trouver des réponses à vos questions lorsque vous avez besoin d’aide. À noter que ce document concerne particulièrement la région de Lyon et alentours, et sera beaucoup moins pertinent pour d’autres régions.

Le Parlement européen demande des bases légales communes pour lutter contre les discriminations dans l’Union

Lors de la session parlementaire du 16 septembre, 427 eurodéputé·e·s demandaient à ce que l’Union Européenne se dote de bases légales communes pour lutter contre les discriminations. Ces textes proposeraient des actions pour agir concrètement face aux violences et discriminations basées sur l’identité de genre des individus. Ces textes protégeraient notamment les femmes et les personnes LGBTQI+.

Femme visage couvert main mauve symbole lutte contre violences faites femmes

Comme le notent de nombreuses associations et défenseurs des droits des femmes et des personnes LGBTQI+, l’Europe a vu une augmentation des violences faites aux femmes durant la pandémie. Quant aux personnes LGBTQI+, on note toujours une présence des LGBTphobies qui inquiète, notamment dans l’Est de l’Europe.

Les nouveaux textes pourraient permettre de criminaliser les LGBTphobies ainsi que les violences faites aux femmes. Mais les textes ne s’arrêteraient pas à ces formes de discriminations. Ils pourraient également offrir à toutes et tous des moyens légaux au sein de l’Union Européenne concernant des sujets tels que l’avortement et l’accès aux soins.

Dans son discours de l’Union du 15 septembre, la présidente de la Commission Européenne Ursula Von der Leyen rappelait également l’importance de protéger les femmes. «Défendre nos valeurs, c’est aussi défendre la liberté. La liberté d’être qui on est, de dire ce qu’on veut, d’aimer qui ont veut». Elle demandait notamment une amélioration des réponses faites aux discriminations par de la prévention.

Ursula Von der Leyen veut également accroître la protection des femmes dans la législation par des sanctions efficaces. Selon ses mots, «les femmes doivent retrouver leur vie et leur liberté de choix. Il s’agit de faire respecter la dignité de chaque personne, et de justice. Car voilà l’âme de l’Europe. Nous devons la renforcer».

Le discours complet d’Ursula Von der Leyen

La veille de son discours, les députés européens adoptaient un texte permettant aux couples de même sexe de bénéficier des mêmes droits dans tous les pays de l’UE. On voit donc la lutte contre les discriminations revenir sur le devant de la scène. À voir si l’implémentation des législations réussira à changer la situation pour les personnes LGBTQI+ en Europe. La question semble légitime : l’Europe sera-t-elle capable de s’unir sur ces questions et devenir un exemple en matière d’inclusivité ?

La Cour Européenne des Droits de l’Homme examine des contes de fées LGBTQI+

Fait divers assez insolite, la plus haute instance de la Cour Européenne des Droits de l’Homme (CEDH) se saisit d’une affaire opposant Macaté au gouvernement Lituanien. La Grande Chambre de la Cour est rarement impliquée dans des affaires, rendant cette dernière assez exceptionnelle.

The Amber Heart : image femme tenant drapeau arc-en-ciel pour défendre droits personnes LGBTQI+

L’affaire nous vient de Lituanie, pays de la région baltique où les LGBTphobies sont encore très présentes. Le gouvernement maintient des restrictions strictes sur le contenu proposé aux mineurs. Neringa Dangvydé Macaté, une auteure lesbienne décédée l’année dernière, en a fait les frais.

La justice lituanienne déclarait son livre de contes intitulé Coeur d’ambre (The Amber Heart, disponible gratuitement en version pdf anglophone à cette adresse) comme «nuisibles» pour les enfants de moins de 14 ans. Ses contes présentent des personnages ayant des caractéristiques issues des minorités, ce qui ne plaît pas au gouvernement lituanien et à des familles conservatrices.

La CEDH tranchera donc la question sur cette affaire relativement complexe au point de vue juridique. Bien que ce fait divers puisse sembler assez banal au premier abord, le fait que la Grande Chambre de la Cour Européenne des Droits de l’Homme saisisse cette affaire montre toute l’importance que ce débat peut avoir au sein de l’Union Européenne.

La Cour d’appel de Londres s’en remet aux médecins britanniques

C’est un pas en arrière pour les adolescents et adolescentes britanniques souhaitant effectuer une transition de genre. Alors que la justice proposait des solutions aux teens pour bloquer la puberté avant d’entamer leur processus de changement de sexe, la Cour d’Appel de Londres revient sur cette décision.

Désormais, les jeunes souhaitant effectuer une transition ne pourront plus décider seul·e·s de cela. Il en revient aux médecins britanniques de décider si le blocage de puberté pourra être administré en vue d’une transition. Les raisons avancées sont notamment la question de l’âge, et de l’incapacité à comprendre et appréhender les conséquences sur le long terme.

L’affaire opposait Madame Bell contre le Tavistock and Portman NHS Trust, un organisme public gérant de cliniques. L’organisme est notamment le seul en charge des changements d’identité de genre pour les personnes mineures au Royaume-Uni. Madame Bell, âgée de 23 ans, était passée par la clinique pour prendre son traitement à l’âge de 16 ans. Elle reproche à l’organisme de ne pas l’avoir plus confrontée sur sa décision d’effectuer sa transition de femme à homme.

La seconde plaignante était la mère d’une fille de 15 ans en attente du traitement de la clinique. Elle faisait part de ses craintes, non pas de la transition de sa fille, mais de la décision de cette dernière. En effet, cette mère craint que sa fille puisse tout simplement se tromper et regretter son choix. Elle explique qu’elle comprend parfaitement la frustration des personnes de devoir convaincre que c’est leur choix et qu’il est mûrement réfléchi. Mais elle comprend également les conséquences qu’une erreur pourraient avoir sur un individu.

Manifestation pancarte en faveur protection des enfants trans protect trans kids

Au final, la justice estime que les professionnels de santé sauront certainement mieux trancher que des personnes mineures. Mais la décision semble ne satisfaire personne, chaque côté trouvant des avantages et des inconvénients à cette solution. Il est donc possible que cette affaire revienne à l’avenir sur la table.

L’Office fédérale de la justice allemande souhaite réparer les erreurs du passé

Au milieu du mois de septembre, l’Office fédérale de la justice allemande accordait à 249 personnes des indemnités suite à leur demande. Ces indemnités concernent des personnes victimes d’une loi, le paragraphe 175, qui rendait criminelle l’homosexualité de 1871 jusqu’en 1969, année durant laquelle l’Allemagne dépénalisait les relations entre personnes de même sexe. Cependant, le paragraphe 175 restait inscrit dans la législation allemande jusqu’en 1994.

Affiche film Paragraph 175 Rob Epstein Jeffrey Friedman

L’indemnisation comprenait des plafonds allant de 500 euros pour les enquêtes ouvertes, à 3 000 euros par condamnation. Mais il y avait également des indemnisations accordées à hauteur de 1 500 euros pour chaque année en détention et en prison. Le total des 249 plaignants et plaignantes se voyaient remettre la somme totale de 860 000 euros, qui pourrait continuer à augmenter si d’autres victimes se manifestaient.

En 2017, toutes les condamnations liées au paragraphe 175 étaient annulées. Ce paragraphe est très connu et a notamment fait l’objet d’un documentaire sorti en France en 2001 et intitulé «Paragraph 175». Le film montre ce que le texte de 1871 impliquait pour les homosexuels allemands sous le Troisième Reich.

Manifestation LGBTQIphobe et raciste en Espagne : le parquet saisi

Dans un tweet datant du 18 septembre, la ministre de l’Égalité espagnole Irene Montero faisait part d’un message de solidarité avec les personnes LGBTQI+. Cette dernière, très engagée pour les minorités et la cause des femmes publiait sur son compte Twitter :

«Nous porterons à l’attention du parquet la haine anti-LGBTI et raciste de la manifestation nazie d’aujourd’hui à Chueca. Nous traitons également en urgence la loi sur les droits des personnes trans et LGBTQI+ qui nous permettra de protéger leurs droits. Collectifs et personnes LGBTQI+, vous n’êtes pas seul·e·s.»

Ce message vient en réaction à une manifestation ayant pris part dans le quartier gay historique de la capitale espagnole. Environ 200 manifestants et manifestantes s’étaient rassemblé·e·s pour manifester contre les minorités. Dans des vidéos diffusées par les médias du pays, on pouvait entendre des chants contre les homosexuels («pédés hors de nos quartiers») et les musulmans («Espagne chrétienne, pas musulmane»).

De nombreuses manifestations pro-LGBTQI+ sont organisées en Espagne depuis la mort de Samuel Luiz. Nous avions d’ailleurs évoqué ce tragique incident dans notre article des actualités LGBTQI+ de juillet.

Les Suisses votent officiellement en faveur du mariage pour toutes et tous

C’est une des actualités les plus médiatisées de ces derniers jours. Les Suisses se sont enfin prononcé·e·s sur le mariage pour toutes et tous. Et le résultat officiel est sans appel : le «Oui» l’emporte avec plus de 64% des votes.

La Suisse rejoint donc la liste encore trop courte des pays autorisant les couples de même sexe à se marier. Aujourd’hui, l’on compte une trentaine de pays au monde autorisant ces unions, à savoir (par ordre alphabétique) : l’Afrique du Sud, l’Allemagne, l’Argentine, l’Australie, l’Autriche, la Belgique, le Brésil, le Canada, la Colombie, le Costa Rica, le Danemark, l’Équateur, l’Espagne, les États-Unis, la Finlande, la France, l’Irlande, l’Islande, le Luxembourg, Malte, le Mexique, la Norvège, la Nouvelle-Zélande, les Pays-Bas, le Portugal, le Royaume-Uni, la Suède, la Suisse, Taïwan (l’île n’est pas officiellement reconnue comme un pays, mais c’est hors de propos), et l’Uruguay.

Manifestation pro-mariage toutes tous suisse ja ich will

On note donc une majorité des pays se trouvant en Europe et Amérique du Nord, tandis que Taïwan reste l’île qui fait exception en Asie. D’autres pays reconnaissent seulement l’union civile. Mais nous ne nous en tiendrons seulement qu’à ceux autorisant le mariage des couples de même sexe.

C’est donc une victoire pour les personnes LGBTQI+ Suisses. Elles qui avaient déjà l’option du pacte civil depuis 2007, c’est une autre étape majeure de franchie. Dans le camp opposé, on retrouvait de nombreuses personnes conservatrices mettant en avant les dangers auxquels seront exposés les enfants. Avec des affiches et slogans plus choquants les uns que les autres, les conservateurs ont tout donné pour éviter l’inévitable. En vain, la société suisse a décidé d’aller de l’avant.

L’ultimatum de l’Union Européenne aura eu raison de certaines «zones anti-LGBT» polonaises

Nous vous avions déjà évoqué à plusieurs reprises les menaces pesant sur les «zones anti-LGBT» polonaises. Mais pour rappel, ainsi que pour celles et ceux d’entre vous qui liraient nos actualités LGBTQI+ pour la première fois, l’Union Européenne évoquait la suspension de certains financements accordés à des régions polonaises en raison de leur idéologie LGBTphobe.

Nous apprenions que trois conseils régionaux votaient pour abroger les motions déclarant leurs provinces «anti-LGBT». Une victoire, soit, mais qui peut rester amère si elle n’est motivée que par les financements européens. Au début du mois de septembre, la Commission avait écrit à cinq conseils régionaux polonais de se rétracter sur leur appellation de «zone anti-LGBT» pour éviter qu’ils perdent leurs financements. C’est très décevant car il aura fallu attendre une procédure de la part de la Commission européenne contre ces zones pour voir certaines bouger.

Commission européenne message pro-LGBTQI+ : LGBTIQ freedom zone

En effet, la Commission engageait, tout comme de nombreuses instances européennes, des actions contre les pays de l’Est de l’Europe mettant en place des mesures LGBTphobes. Et parmi ces mesures, celles contre les «zones anti-LGBT» de Pologne sont celles qui ont fait le plus couler d’encre.

Les trois provinces concernées (Podkarpackie, Lubelskie, et Malopolskie) promulguaient donc des textes s’opposant «à toute discrimination fondée sur le sexe, l’âge, la race, l’origine ethnique, le handicap, l’orientation sexuelle, la religion ou les croyances». Ces zones rappelaient cependant leur attachement à la religion chrétienne, et aux valeurs traditionnelles de la famille.

Drapeau Européen LGBT arc-en-ciel

Ces mesures suffiront-elles à rendre le pays plus inclusif ? Rien n’est moins sûr, le nombre de «zones anti-LGBT» comptant toujours des dizaines de régions et provinces. Et tout comme dans l’Ouest de l’Europe, ce n’est pas parce que la législation s’oppose aux discriminations qu’elles disparaîtront du jour au lendemain. On voyait d’ailleurs la Hongrie de Viktor Orban refuser d’accéder au «chantage» de la Commission européenne et se dit prête à se passer de ses financements pour conserver son idéologie anti-LGBT. La Pologne et beaucoup de pays de l’Est de l’UE ont encore un long chemin à parcourir, et notamment une montagne d’idéologies conservatrices et de valeurs traditionnelles à surmonter.

Athlètes trans : le Comité olympique délaie à nouveau ses règles à février 2022

Nouvelle déception pour les personnes LGBTQI+ ce mois de septembre 2021. Le Comité international olympique, faute d’avoir trouvé un accord avec Beijing, délaie encore une fois sa réglementation concernant les athlètes trans.

Un désaccord lié à des opinions très différentes entre le gouvernement chinois et le Comité oblige ce dernier à repousser sa réglementation à février 2022, soit après les Jeux olympiques d’hiver de Beijing. Ce n’est pas la première fois que ces nouvelles réglementations subissent un report. Elles auraient dû être publiées depuis déjà plus de deux années.

Certains accords datant de 2015 sont actuellement en vigueur pour réglementer les sportives et sportifs trans lors des compétitions olympiques. Cependant, certaines restrictions obligent des athlètes à abandonner la compétition à cause de la présence élevée mais naturelle de testostérone dans leurs corps.

Athlètes trans Jeux olympiques

Le Comité international olympique réfléchit donc à des nouvelles solutions qui ne seront pas basées sur un système binaire. La priorité sera donnée à l’inclusion et la lutte contre les discriminations et préjudices. Le directeur scientifique du Comité déclarait que chaque fédération internationale pourra déterminer les règles spécifiques à leur sport respectif et aux événements liés. On pourrait donc voir prochainement des Jeux olympiques encore plus inclusifs que la dernière édition de Tokyo qui avait déjà battu un record d’athlètes arc-en-ciel.

Pete Buttigieg et son mari sont pères et présentent leurs jumeaux !

Il n’aura pas fallu attendre très longtemps pour vous donner une mise à jour sur la situation de Pete Buttigieg et son mari. Alors que le Ministre des transports américain annonçait le mois dernier qu’il allait devenir père, il dévoilait en compagnie de son mari leurs jumeaux sur les réseaux sociaux.

Une photo en noir et blanc et un simple message de bienvenue à Penelope Rose et Joseph August Buttigieg suffira à faire exploser le compteur de likes et nombre de commentaires des internautes. Chacun tenant l’un des nouveaux-nés dans leurs bras, on leur souhaite tout le bonheur du monde, et beaucoup de courage pour élever les deux enfants.

Pete Buttigieg est le premier homosexuel out à occuper une position aussi élevée au sein du gouvernement américain. Grâce à cette notoriété, lui et son mari Chasten sont devenu le couple gay le plus en vogue des derniers mois. De quoi donner de la visibilité aux personnes LGBTQI+ et au mariage pour toutes et tous.

Le Texas défie l’administration Biden sur le sujet des personnes trans

Décision osée de la part du procureur général texan Ken Paxton. Ce dernier décidait de bloquer les directives de l’administration Biden. Les directives obligent les employeurs à autoriser le personnel trans à utiliser les toilettes et s’habiller en concordance avec leur identité de genre.

Dans une plainte déposée lundi 20 septembre auprès du tribunal fédéral du Texas, Paxton déclarait que les agences gouvernementales n’autoriseront pas les employé·e·s trans à utiliser les salles de bains réservées au sexe opposé. Il ajoutait également qu’aucune mesure disciplinaire ne serait prise à l’encontre de l’utilisation de pronoms genrés. D’après la directive de juin émise par la Commission pour l’Égalité des chances dans l’emploi, cela expose le Texas à des poursuites judiciaires.

Selon Paxton, les «droits des employeurs devraient être plus importants que des opinions subjectives sur le genre».

Manifestation faveur droits personnes trans LGBTQI+ États-Unis pancarte We the people means everyone

20 autres États menés par le Tenessee défiaient également le mémo de la Commission. Mais le verdict de l’affaire Bostock vs Clayton County déclarait que les discriminations des travailleurs et travailleuses homosexuel·le·s et trans étaient illégales en vertu de la loi sur les droits civils de 1964.

Salvador : Bukele refuse de proposer des réformes inclusives et progressistes à la Constitution

Le 17 septembre, le président du Salvador Bukele clarifiait sur les réseaux sociaux qu’il ne proposerait pas de réformes inclusives et progressistes concernant l’euthanasie, l’avortement et le mariage pour toutes et tous.

Cette décision arrive suite à la réception par Bukele du projet de réforme développé par son Premier Ministre Félix Ulloa. Dans le texte, le Président décidait de retirer certaines modifications, comme celle définissant le mariage comme l’union entre conjoints, plutôt que la précédente formulation d’union entre un homme et une femme.

Pride Salvador marche des fiertés septembre 2019

Bukele poursuivait en retirant le passage concernant le droit à la vie, ce qui venait modifier les lois sur l’avortement actuellement en vigueur dans le pays. L’avortement, sujet clivant dans de nombreux pays, est interdit au Salvador. Huit années de prison sont en théorie la peine maximale pour celles enfreignant la loi, et ce même lorsque leur vie est en danger. Mais dans les faits, les tribunaux considèrent l’avortement comme un homicide aggravé, ce qui entraîne souvent des peines beaucoup plus lourdes.

Avec la nouvelle loi permettant au prochain Président de rester 6 années au pouvoir au lieu de 5, il est possible que Bukele engage des réformes qui n’aillent pas dans le sens des personnes LGBTQI+ et leurs droits.

I am Samuel : le documentaire interdit au Kenya

I am Samuel est un documentaire suivant la vie de Samuel, un jeune Kényan tourmenté. Ce dernier évoluant dans une partie rurale de son pays a du mal à trouver un équilibre entre ses devoirs familiaux et sa sexualité. D’apparence, le synopsis du documentaire d’environ 70 minutes semble relativement inoffensif. Pourtant, le Kenya interdit sa diffusion dans le pays.

Affiche documentaire kenyan I am Samuel de Peter Murimi

Le Kenya Film Classification Board, l’organisme étatique en charge de réguler les films et leur diffusion dans le pays, décrivait le documentaire comme «une tentative claire et délibérée du producteur de promouvoir le mariage homosexuel comme un mode de vie acceptable».

Malgré peu de procès contre les homosexuels dans le pays, le Kenya classe toujours l’homosexualité comme criminelle et passible de prison.

De récentes tentatives présentées pour changer la législation échouaient, laissant le pays avec des règles introduites par les britanniques à l’époque coloniale.

C’est bien dommage car avant cette triste époque coloniale, certaines tribus du Kenya acceptaient le non-conformisme de genre et l’homosexualité. Des anthropologues rapportent même que certains prêtres se travestissaient en femmes et se coiffaient comme elles lors de cérémonies religieuses. Pour celles et ceux d’entre vous qui souhaiteraient en savoir plus sur le documentaire I am Samuel, nous vous invitons à consulter directement le site watchiamsamuel.org.

Hong-Kong repousse les Gay Games 2022 à l’année suivante

La décision est tombée dans la première moitié du mois de septembre. Les Gay Games 2022 de Hong-Kong seront reportés à 2023. L’événement qui a lieu pour la première fois en Asie devra donc attendre encore un peu. La raison officielle : les restrictions aux frontières à Hong-Kong très liées à la pandémie de la Covid-19.

La Chine continue à appliquer des restrictions très strictes à ses frontières, tout comme de nombreux pays d’Asie. Les étranger·e·s ont dû mal à obtenir un visa, et les plus chanceux et chanceuses se voient forcé·e·s de passer une à plusieurs semaines en quarantaine dans des hôtels ou centres dédiés à cet effet.

Ces difficultés viennent s’ajouter à la situation politique pour le moins compliquée de Hong-Kong ces dernières années. La loi de sécurité nationale (Hong-Kong National Security Law) passée l’été dernier fait peur. Cette dernière criminalise tout acte se rapprochant de près ou de loin aux mouvements indépendantistes de Hong-Kong, mais également ceux de subversion, de terrorisme, et de collusion avec des forces externes ou étrangères.

Gay Games 11 - Hong-Kong 2022 - Unity in diversity

Les textes de cette loi restent vagues, de manière à ce que leur interprétation puisse être utilisée au sens large et s’appliquer à un grand nombre de cas. Par exemple, endommager les biens publics peut être considéré comme un acte terroriste passible d’une peine de prison à vie. De même, une personne condamnée pour ces crimes ne pourra se présenter pour un poste au sein du gouvernement à l’avenir.

La loi autorise également la déportation des personnes à l’origine de ces crimes vers la Chine continentale, pays où le taux de condamnation dans les tribunaux frôle les 100%. De plus, les forces armées chinoises sont désormais autorisées à intervenir directement à Hong-Kong.

Entre politique et sanitaire, les Gay Games de Hong-Kong inquiètent donc. À voir si la situation peut s’améliorer sur les deux plans d’ici à 2023, année durant laquelle l’événement devrait avoir lieu.

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